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Tout doux
tout doucement
la lune se
lève
et s’enchâsse
dans la
montagne à Fourneau.
La 232 déroule
ses méandres
sous les roues des
géants de la route.
Les fardiers
s’en donnent
à cœur de moteur.
Les rayons de la
lune pleine
viennent caresser
Le Témiscouata.
Sous ses
chatouilles
le lac se ride
de
contentement.
La 232 se prend
les pieds
dans les bruits
de la nuit.
Et la musique
de la route
s’éclaircit
les esprits
dans un vin
blanc
plein de
blues.
Et la lune
majestueuse
ne
s’agenouille pas
ne s’abaisse
pas
ne se voile
pas
ne tremble
pas
Mais s’élève
pour embraser
un nuage
céleste,
des étoiles
migrantes
et
un huart à
collier
un peu perdu.
La 232 s’enfuit
sous les roues
d’un moteur
trafiqué.
La 232 se meurt
d’ennui.
La 232 s’allonge
et se
rétracte
sous le
pouvoir
d’une plume
désabusée.
Et la lune épouse
le lac
Et le lac se
gondole
en se
trémoussant
comme un jeune
premier
à
son premier baiser.
Lune
Lune
qui
s’arrondit
qui se
tumulte
qui
s’ennoblit
À mesure que la
nuit
trompe
l’arbre
avec un
cabanon
qui n’en
finit plus.
La 232 divorce
avec la 185,
nous annonce
l’animateur
du 95,5.
Albert Roy
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