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À la campagne comme à la ville, la consommation et la vente
d'alcool font l'objet de protestations véhémentes de la part
du clergé. Dans la région, on relève des traces de
conflits très tôt. En 1907, le curé, D. Chénard,
adresse une lettre à l'évêque du diocèse :
Le 18 avril 1907
"De ce temps-ci, j'ai une guerre affreuse à faire contre
l'établissement d'une licence de marchand de boisson au détail
dans ma paroisse. J'ai demandé au Conseil de passer un règlement
prohibitif; j'ai cité les beaux exemples des autres Conseils de villes
de Québec et Lévis. Je fais signer une requête dans
la paroisse et j'irai au Conseil pour m'y opposer et protester jusqu'au
bout. Mais je crains fort que ce ne soit peine perdue. Je ne sais pas quel
souffle diabolique est passé sur ma paroisse depuis quelque temps".
(Archives de la paroisse d'Estcourt)
Le clergé deviendra vite l'obstacle le plus redoutable pour les
"bootleggers". Il a juridiction sur tout : vie familiale, justice,
politique... On peut juger de l'ampleur du pouvoir clérical par une
autre note du même D. Chénard :
Le 13 juin 1913
"Procès à Rivière-du-Loup en cour supérieure
contre le curé de Saint-Éleuthère, par Thomas Ouellet,
vendeur de boisson sans licence de la mission d'Estcourt, parce que le curé
lui avait écrit une lettre privée pour lui reprocher sa conduite.
Le curé gagne."
(Archives de la paroisse d'Estcourt)
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